4471 Boulevard du 30 juin, Commune de la Gombe
Kinshasa - RD Congo
À Rome, lors de la clôture de la mission d’apprentissage entre pairs consacrée aux défis électoraux contemporains, j’ai eu l’occasion de partager l’expérience de la République démocratique du Congo sur une question devenue centrale pour toutes les démocraties : la cybersécurité électorale.
J’ai rappelé à nos partenaires et homologues que la RDC organise ses élections dans un environnement particulièrement complexe. Avec plus de 100 millions d’habitants, un territoire de 2,3 millions de km², des infrastructures limitées et une dépendance croissante aux outils numériques, notre système électoral fait face à des défis considérables.
Dans ce contexte, nous avons fait un choix clair : considérer la cybersécurité non pas comme une simple question technique, mais comme un enjeu de souveraineté nationale, de stabilité institutionnelle et de crédibilité démocratique.
À la CENI, nous avons investi dans plusieurs priorités stratégiques : la protection des données électorales, l’intégrité des systèmes numériques, la prévention des ingérences et la continuité des opérations électorales.
Aujourd’hui, les commissions électorales à travers le monde sont devenues des cibles privilégiées des cyberattaques. Face à cette réalité, nous avons déployé une approche globale reposant sur la sécurisation des réseaux, des équipements et des applications, mais aussi sur la mise en place d’un centre opérationnel de surveillance fonctionnant 24h/24.
Lors des élections de 2023–2024, la CENI a subi plus de 8 456 tentatives d’attaques informatiques, allant des attaques DDoS aux tentatives d’accès non autorisés. Malgré cette pression, aucun de nos systèmes critiques ni aucune donnée électorale n’ont été compromis.
Nos équipes techniques ont su réagir avec efficacité. Toutes les adresses IP malveillantes ont été identifiées et bloquées, tandis que nos dispositifs de défense ont été renforcés en temps réel grâce à des mécanismes avancés d’analyse et de filtrage.
Cette expérience nous a appris plusieurs choses essentielles. D’abord, la cybersécurité électorale repose avant tout sur une gouvernance forte et des mécanismes de redevabilité solides. Ensuite, les menaces internes peuvent être aussi dangereuses que les attaques externes. Enfin, aucune résilience durable n’est possible sans investissement dans les capacités humaines, les procédures et la formation continue.
J’ai également insisté sur un point fondamental : la confiance du public dans les résultats électoraux dépend désormais autant de la robustesse des systèmes numériques que de la transparence du processus électoral lui-même.
L’expérience de la CENI démontre qu’il est possible de sécuriser un processus électoral numérique à grande échelle, même dans un environnement contraint, à condition d’investir dans la gouvernance, les compétences humaines et la résilience opérationnelle.
Face aux défis émergents de la cybersécurité électorale, les institutions africaines ont non seulement la capacité de s’adapter, mais aussi celle d’innover et de construire des modèles résilients au service de la démocratie.
Par Denis K. Kadima, Président de la CENI/RDC
Denis Kadima Kazadi, expert congolais en gouvernance et élections, préside la CENI depuis le 22 octobre 2021, nommé par ordonnance présidentielle du chef de l'État, Félix Tshisekedi.
Nous sommes ravis de vous entendre et commençons quelque chose de grand
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